Du manuscrit au livre

David Meulemans, 3/3

Partie 1 : David Meulemans, éditeur aux Forges de Vulcain
Partie 2 : Le livre parfait : appel à candidatures !

C’est la troisième et dernière partie de l’interview de David Meulemans au Labo de l’Edition !

David Meulemans, éditeur aux Forges de Vulcain et concepteur de la plateforme d’aide à l’écriture Draftquest, vous partage son expérience d’éditeur en nous offrant une description détaillée du chemin du manuscrit au livre publié. Une mine d’or pour tou.te.s ceux.elles qui aspirent à voir leurs écrits publiés

Que se passe-t-il quand un manuscrit retient l’attention d’un éditeur ? Quel est le cheminement du texte, entre ce qu’on envoie à l’éditeur et ce qui se retrouve en librairie ? Quels sont les facteurs qui permettent le succès d’un livre?… Et bien plus encore.
Encore merci à David pour sa patience et sa générosité !

À QUOI RECONNAIS-TU LES MEILLEURS MANUSCRITS ET LES PIRES ?

Il y a plein de façons de faire un très bon manuscrit. Par contre, ceux qui sont pas bon, on le reconnaît à différentes choses : souvent, quand il y a une maîtrise aléatoire de la langue française. Parce que l’éditeur doit évaluer le travail qui reste à faire et parfois on se dit que le travail est trop immense pour que ç vaille le coup qu’on se lance dans l’aventure. Après les autres mauvais manuscrits c’est ceux des gens qui sont un peu trop lettrés, qui pensent que l’écriture, ça consiste à ce que chaque mot soit inventif, surprenant… Et ne se rend pas compte que si dans un roman tous les mots sont exceptionnels c’est illisible. Et je pense qu’un roman est une forme narrative, donc je suis favorable à une esthétique de la simplicité. Parfois il peut y avoir un accident verbal volontaire, une trouvaille poétique, mais si vous cherchez dans le dictionnaire, chaque fois que vous avez quelque chose à dire, le mot le plus compliqué, vous êtes en train de tuer votre texte.
Une autre difficulté assez remarquable, c’est les auteurs qui ont du mal à distinguer entre dire et montrer. J’ai envie de m’immerger dans un roman parce qu’il fait exister la fiction, et si on me dit les choses au lieu de me les montrer, assez vite, je m’ennuie.
Ce sont les deux choses qui font que ma lecture va m’arrêter assez vite : le style et la structure.

EST-CE QUE TU ÉCRIS, TOI ?

Je n’ai pas de projet d’écriture, par contre j’essaie de garder à l’esprit qu’à chaque fois que j’écris, je dois écrire. Quand j’écris un mail, je l’écris comme si je devais écrire quelque chose de bien. Pour me détendre, dans le métro, j’essaie d’écrire des statuts facebook rigolos.
Moi : Ils sont exceptionnels, il faut absolument vous abonner aux statuts facebook de David !
*rires*

À QUOI RÊVE UN ÉDITEUR ?

Éditeur n’est pas un métier intellectuel, c’est un métier commercial, le but c’est que les livres se vendent bien pour qu’on puisse continuer à faire des livres, donc ça c’est les rêves inconscients que je fais la nuit. Par contre si je devais formuler mes espoirs, mes rêves éveillés, c’est plutôt de publier une fois une sorte de livre parfait, qui porterait tous les idéaux des Forges : une langue, un univers, un propos, un imaginaire très très fort… Et en même temps, c’est aussi une forme de cauchemar, parce qu’une fois que j’aurai publié le livre parfait, ce ne sera plus la peine de continuer…
Moi : Eh bien il faudra en publier un deuxième !
*rires*
Moi : C’est un appel à candidatures, maintenant il faut écrire un livre parfait ! Allez, au boulot !

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